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15/09/2011

La fiche de préparation : obsolète? Oui et non!

 

Et si tu envisageais la rédaction de la fiche de préparation d’une manière plus rationnelle ?

Un constat réaliste quoique volontairement noirci.

 

Lors de visites de classe ou de discussions informelles avec des collègues, j’ai ressenti souvent un malaise quand on aborde cet aspect du problème. Une grande partie d’entre eux se croient encore obligés de produire des fiches de préparation. Et toi ?

Ils se justifient par le fait que l’IEN les demande pendant la visite rituelle. Alors, ferait-on des fiches uniquement pour lui faire plaisir ? D’autant que les fiches qui sont produites le sont sur un modèle obsolète préconisé encore dans certains IUFM. (Là-aussi, il y des coups de pieds au c.. qui se perdent !!) Elles sont fastidieuses à rédiger, elles demandent beaucoup de temps pour la réflexion et la rédaction, et, elles se comportent bien souvent comme un carcan d’où le maître à du mal à sortir si, par malheur, les enfants n’accrochent pas sur ce qui a été préparé. Tout ce temps passé pour rien ! Il faut refaire car on a quand même sa conscience professionnelle. Et quand tu penses qu’il y a 4 à 5 séquences à préparer pour une journée de classe, c’est foutu, les heures de sommeil vont manquer…ou bien quelques fiches ne verront pas le jour et on va improviser. De toute façon, ce sont les enfants qui vont en pâtir.



Une autre approche, plus réfléchie, moins coûteuse en temps.

Analyse les différents moments d’une séquence type menée en classe.

1°) phase de présentation ;

2°) phase de découverte ;

3°) phase d’appropriation ;

4°) phase d’entraînement ;

5°) phase d’évaluation ;

6°) phase de correction.

Le tout en 45 minutes voire une heure.

Posons le problème : fait-on acquérir une compétence en 45 minutes ? Evidemment

non !


Comme l’objectif final est l’acquisition d’une compétence par la quasi-totalitédes élèves, alors le plan ci-dessus est bon, mais c’est son étalement dans le temps qui va faire que tu arriveras au but. Mais bien malin celui qui peut dire, avant de rédiger sa préparation, à quel moment les enfants auront acquis la compétence visée. Alors, base-toi sur ce que tu sais faire, mais aborde-le autrement.

 

 

Proposition de mise en œuvre d’une activité.

 a)  D’abord, définir une compétence à acquérir.

 b)  Présenter la compétence aux enfants sous la forme d’un item (Exemple : je sais

     reconnaître un adjectif qualificatif.) et évaluer sur le moment ce qu’ils savent déjà.

c) Entrer dans la phase de découverte de la compétence à acquérir, selon le degré

     d’acquisition général. Présentation de moyens de réussite.

d) Mettre en place des activités d’entraînement qui permettent de vérifier comment lesenfants réagissent par rapport à l’acquisition de la compétence.

 e) Phase d’évaluation médiane qui permet au maître de faire le point. Les enfants

évaluent leur réussite.

En fonction de la réussite observée, le maître décide :

     soit d’évaluer car tout le monde a compris, semble-t-il ;

     soit de proposer une re-médiation à un groupe en difficulté, les autres étant alors en

     entraînement supplémentaire en autonomie.

     Arrive le moment où il faut proposer aux enfants un document didactique qui résume l’apprentissage. C’est le signal pour eux qu’ils seront bientôt évalués sur la compétence, officiellement. (Devoir chiffré.)

Devoir d’évaluation chiffré, en fonction de la réussite, et qui reprend des types d’exercices ayant fait l’objet d’entraînement.

 

Attention !!

Deux classes de même niveau ne réagiront pas de la même façon par rapport à l’acquisition d’une compétence. Chaque classe est unique donc le temps d’acquisition sera différent d’un groupe à l’autre.

La différence entre le mode de travail défini ci-dessus et le travail proposé actuellement dans les classes est son étalement dans le temps. (Ce n’est pas en 45 minutes qu’on fait acquérir une compétence !)

 

C’est le niveau de classe et la difficulté d’acquisition de la compétence qui gouverne l’étalement dans le temps.

 

Ta fiche, donc.

Elle reprend le schéma connu, préconisé, mais elle étale l’acquisition dans le temps. Elle servira donc à plusieurs séances pour former une séquence d'enseignement. Je te propose un enchaînement logique qui pourrait convenir à une progression réfléchie.

Les phases a) et b) ouvrent la première séance et s’enchaînent logiquement sur la phase c) et le début de la phase d)

La phase d) est l’élément central de la progression, c’est celle où les élèves sont en train d’acquérir la compétence. Elle peut se prolonger pendant 2 ou 3 séances supplémentaires, c’est le niveau de classe qui décide. La phase e) est liée à la fin de la dernière séance de phase d).

La phase f) re-médiation, doit proposer d’autres pistes au groupe de besoin pour dominer la compétence.

 

La phase g) est une séance courte de synthèse, dans laquelle le document didactique est proposé ou peut être produit en collaboration maître-élèves.

La phase h) fait l’objet d’une séance dont la date est connue des élèves. Les exercices proposés seront ceux sur lesquels les élèves se sont entraînés. Là, c’est toi qui corriges. L’exercice est noté en terme de réussite. Une moyenne de classe est calculée, donnée et expliquée aux élèves.

Si tu as bien mené son travail, cette moyenne est bonne, voire excellente. Si elle est moyenne ou faible, c’est le signe que tu n’as pas bien jugé l’acquisition et qu’il faut donc reprendre le travail.

N’oublie pas que l’élève doit toujours savoir dans quelle phase son travail se situe.

Tout l’intérêt de travailler en échelonnant dans le temps la durée d’acquisition t’amène à penser que la même fiche va servir à plusieurs séances. Il suffit donc d’y ménager une colonne dans laquelle tu annotes au fur et à mesure que tes enfants progressent.

 



Donc : une fiche par compétences'étalant sur une séquence elle-même composée de plusieurs séances.

 

Travailler mieux? Convaincu ??

Pas tout à fait ?

Alors, passe à la suite !

 

 

20:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

13/09/2011

Programmer son travail? Oui mais autrement!

 

 

La programmation de ton travail.

Un constat en noircissant le tableau.

Le tableau des progressions mensuelles est affiché dans chaque classe. Il est exigé par les IEN et donc chaque maître s’applique à remplir cette obligation. Quant à son contenu, c’est une autre affaire.

Ce que j’ai trop souvent constaté, c’est la reproduction de la progression du manuel de la classe, recopiée si le maître a du temps libre à perdre, photocopiée parfois, et affichée au mur à côté de la liste des élèves et de la pyramides des âges. Ce tableau est un véritable saucissonnage des matières, proposant une acquisition par case, donc qui ne tient manifestement pas compte de savoir si les enfants ont compris ou non ou si, tout simplement, le maître a eu le temps de faire ce qu’il avait prévu.

Suivre à la lettre une telle progression, c’est risquer de fabriquer à coup sûr de l’échec. D’ailleurs, les maîtres la suivent-elle cette progression ? Je ne le pense pas car c’est matériellement impossible si on y réfléchit un peu. Alors, puisque l’existence de cette progression n’est là que pour montrer à l’IEN en visite qu’on suit ses instructions concernant l’affichage obligatoire, pourquoi ne pas envisager autre chose de plus cohérent, de plus performant …et qui plaira d’autant plus au patron ? (Ou à la patronne!!)

La programmation de ton travail : le projet de période.

Ta classe est unique. Tu dois en être convaincu dès le départ, sans quoi ferme ce livre, il n’est pas fait pour toi. Ta première tâche est donc de faire abstraction de ce qui est écrit sur la porte. CE2, par exemple, ne veut pas dire que tous les élèves ont acquis les compétences de base du cycle II.

Ton premier travail sera de mettre en équation ta classe et les programmes du cycle. J’ai bien dit du cycle. On entend encore trop de collègues (Rétrogrades ? Incompétents ?) dire qu’ils ont un programme de classe à suivre. Si une programmation par niveau doit être faite, c’est au conseil de cycle de l'établir en tenant compte des réalités de l’école. (Celles préconisées par les programmes de 2008 peuvent servir de uniquement de support et sont trop lourdes par rapport aux compétences à atteindre en fin de cycle.) Donc, s’il y a un projet d’école qui va dans ce sens, il devient ton livre de chevet. S’il n’y en a pas, fais tout ton possible pour qu’il en naisse un. (Bon courage, car dans certaines écoles, des enseignants voient ça comme une atteinte à leur vie privée de la classe et freineront des quatre fers!) Si la force d’inertie des collègues est forte, ne te décourage pas ! Ce sont les programmes qui doivent s’adapter à ta classe et non ta classe qui doit se plier sous leur joug.

Pour ce faire, il faut déterminer une période de travail : ce peut être la semaine, le mois le demi-trimestre, le trimestre. Tout choix peut et doit se justifier. J’utilisais, selon la classe, le trimestre ou le demi-trimestre. Le trimestre est plus souple au cycle III. Un avenant étant toujours possible, tu n’as pas besoin d’avoir une fréquence trop souvent renouvelée.

Ensuite, pour chaque ensemble de matières, il faut définir des compétences que les enfants devront maîtriser en fin de période. Si le tableau des progressions mensuelles actuel ne donne que : lecture : texte page 14 suivi de texte page 16, ta programmation de classe dit : lecture oralisée : travail sur les groupes de souffle, respect de la ponctuation, tendre vers une tonalité de lecture plus vivante ; lecture compréhension : recherche d’informations : qui fait quoi ? Où se passe l’action ? Personnages principaux, secondaires ? » On voit tout de suite la différence.

Ainsi se bâtit ce volet du projet de classe de la période. Mais, malgré tous les soins du maître, la progression des élèves n'est peut-être pas celle qui était souhaitée. Parfois ils rentrent plus vite dans les acquis, parfois il leur faut plus de temps. Il faut aussi parfois faire avancer un groupe tout en revenant sur une compétence non acquise par d’autres. C’est ainsi que le maître rédige, en cours de période, un avenant sur l’avancement de son projet, étale ou réduit le temps d’acquisition, définit nominativement pour lui-même les groupes d’élèves en avance ou en retard, bref auto-évalue sa pédagogie et remet sa pratique en cause. Souviens-toi de ce qu’écrivait Montaigne :" Il n’y a que les fols, certains et résolus." C’est dire que la remise en question de ta pratique doit être fréquente. L’évaluation finale de chaque compétence travaillée sera le juge de paix pour le maître. Mais s’il a bien mené sa barque, les résultats seront globalement positifs.

Le projet de classe, la programmation des compétences à acquérir pour une période ne demande pas plus de travail, simplement un autre regard qui se pose d’abord sur ses élèves, qui tient compte du projet d’école (Lequel doit avoir adapté les programmes à la réalité de l’école.) et qui rend la pédagogie plus vivante. Ce projet se substitue au tableau des répartitions mensuelles, il peut s’afficher, mais comme il est plus riche et qu’il doit s’amender en cours de période, il pourrait se trouver en permanence sur le bureau du maître, car l’IEN sera très intéressé par cette nouvelle approche du travail qui prouve ta réflexion et sera, n’en doutons pas, une base d’entretien fructueuse et l’assurance d’un bon rapport.

L’outil complémentaire.

Le cahier-journal prend tout son sens dans cette politique de projet. Beaucoup plus léger que son prédécesseur, il ne définit que les moyensutilisés par le maître pour faire acquérir les compétences définies dans le projet. Il recueille également ses remarques et commentaires succincts (Qui seront la base de l’avenant en cours de période.) sur le déroulement des séquences, ce que j’appelle l’auto- inspection. La fiche de préparation va, de ce fait se transformer et te faire gagner un temps précieux.

L’emploi du temps.

Problématique : Comment construire un emploi du temps conforme aux programmes ?

 

 

Pour l’instant, les enfants reçoivent 24 heures obligatoires d’enseignement hebdomadaires. Il y a des disparités entre les horaires d’entrée et de sorties, de même que les répartitions d’horaires entre matinées et après-midi.

 

Les programmes imposent des horaires fixes par grands domaines, mais à l’intérieur de chacun d’eux. Le découpage de l’emploi du temps en périodes à durée très précise n’est donc guère possible. L’exemple ci-dessous ne donne aucune référence en durée mais présente les grands des champs disciplinaires et les journées sur lesquelles ils s’installent.

Dans le modèle proposé, on ne remarquera pas non plus de repères horaires. Pourtant, tu auras des constantes imposées : heures d’entrée et de sortie, deux récréations d’1/4 d’heure et nombre de jours par semaine. Que l’un des jours soit une demi-journée n’influe que sur le nombre et la durée des séquences de ce jour-là.

 



Jour 1.

Jour 2

Jour 3.

Jour 4.

Jour 5

 

Activités à dominante

Langue française ou étangère.

 

Activités à dominante

Langue française ou étangère

 

Activités à dominante

Langue française ou étangère

 

Activités à dominante

Langue française ou étangère

Activités de soutien des élèves en difficulté.

 

Activités à dominantes

 

Mathématiques.

 

 

Activités à dominantes

 

Mathématiques.

 

 

Activités à dominantes

 

Mathématiques.

 

 

Activités à dominantes

 

Mathématiques.

 

 

Activités scientifiques.

 

Activités scientifiques

 

Sciences humaines.

Sciences humaines.

 

 

EPS

 

EPS.

 

Activités artistiques.

 

EPS

 

Remarque qu'il n'y a pas de repère horaire. C’est à toi de gérer ce paramètre en fonction des réalités du terrain.

Le domaine de la langue englobe les activités de littérature, de production d’écrits et le travail sur les outils de la langue (grammaire, conjugaison, vocabulaire orthographe). Il prend aussi en compte le temps dévolu à l’apprentissage d’une langue étrangère ou régionale. Temps quotidien : 11h 30 en cycle 2 ; 9h 30 en cycle 3.

Les activités mathématiques sont programmées sur 5 heures.

 

Les activités scientifiques englobent l’étude du vivant, l’étude de la matière, la technologie : horaire entre 2h.

 

Les activités de sciences humaines englobent la géographie, l’histoire, l’éducation civique : horaire de 2h.

Les activités physiques et sportives : 3h. Une séance longue de 1h 30 (déplacement compris) est souhaitable.

 

Les activités artistiques englobent l’éducation musicale et les arts visuels : 2h.

 

Tu auras donc la souplesse d’adapter, semaine après semaine, les volumes horaires de tes enseignements, en entrant dans chaque champ disciplinaire. A toi de justifier tes choix.

Tu peux aborder un thème disciplinaire (Ex : sciences : domaine du vivant : de la graine à la plante.) et l’étaler sur ses plages horaires de la semaine. La semaine suivante, tu travailleras un thème de technologie, la troisième semaine un thème du domaine de la matière. Ce type de continuité du travail peut se pratiquer pour les sciences humaines, les activités mathématiques, scientifiques et de technologie, les disciplines artistiques. Au bout de la période de référence, la globalité de l’horaire du domaine sera respectée. Ta pédagogie gagne ainsi en souplesse et en logique. Il faut donner du sens à tout enseignement.

Conception de l’emploi du temps.

 Tu sais qu’il y a des domaines qui reviennent quotidiennement. Ceux-ci sont placés prioritairement. Tu connais aussi les plages horaires où tu pourras disposer des aires d’EPS. Le tableau d’occupation des espaces sert de référence. Les autres domaines sont placés harmonieusement. Les références haitoraires, difficiles à suivre, sont gommées. Si l’enseignant est consciencieux, il saura toujours justifier ses choix.

Sache que ton emploi du temps n’est pas un outil valable du jour de la rentrée à celui de la sortie. Ta classe évolue, il doit donc en suivre l’évolution et s’adapter. Toute modification doit se justifier pédagogiquement.

Sous l’emploi du temps, tu justifieras tes choix personnels. C'est nécessaire à sa bonne compréhension.





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08/09/2011

Et les parents d'élèves dans tout ça?

 

Ta relation avec les parents.



Les types de parents.

Ta relation avec les parents doit être à géométrie variable. Selon les types de parents auxquels tu as affaire, ton attitude sera différente. Sois pragmatique, l’école ne peut pas tout apporter à l’enfant. Tu as pu sûrement constater la démission de certaines familles quant aux apprentissages qui devraient se faire au sein de la cellule familiale. (Politesse, civisme, respect de l’autre, hygiène …) Tu dois aussi avoir à l’esprit que les parents ont été aussi enfants, donc qu’ils ont un vécu scolaire et une image, bonne ou mauvaise, de ce que devrait être la marche d’une classe, le bien fondé de tel ou tel cahier, le choix de tel ou tel manuel. Alors, tu dois bien connaître les types de parents.



1°) Les parents qui coopèrent :ceux-là ne posent pas problème. Ils te laissent travailler, demandent des rendez-vous ponctuels, suivent de près le travail du gamin, et si nécessaire, suivent aussi tes conseils. Avec eux, tu as une attitude constructive, complice même, car l’épanouissement de l’enfant est votre objectif commun.



2°) Les parents qui font semblant de coopérer :ceux-là disent qu’ils aident l’enfant, qu’ils vérifient le travail, qu’ils punissent en cas de mauvaise note etc. Mais le font-ils vraiment ? Tu en doutes fortement, vu ce que tu constates en classe. (Tu sais, ce sont eux qui viennent te voir sans prévenir juste avant l’entrée en classe ou à la sortie! Ils se justifient par rapport au regard des autres parents)h. Ce sont les plus difficiles à gérer. Avant de les identifier, tu perds du temps. Une fois que tu les as catalogués, réfère-toi aux règles mises en place en début d’année, poliment mais fermement. (Avez-vous lu la dernière note aux parents ? Vous avez ouvert le cahier de texte ? Qui vous a permis d’entrer dans l’école ?? Vous aviez rendez-vous ??)



3°) Les parents que tu ne verras jamais : deux cas de figure.

Le gamin marche bien, tu sais qu’il est suivi à la maison et eux te font confiance ; tout baigne !

Le gamin a des difficultés mais ils ne s’en préoccupent pas : laisse tomber, ils n’en valent pas la peine. Occupe-toi du gamin du mieux que tu peux, sans te substituer à la famille ni jouer les assistantes sociales. S’il y a vraiment de gros problèmes, alerte, sous couvert du Directeur, le RASED mais aussi le Médecin Scolaire, seule autorité qui peut remonter les bretelles à une famille.

 

4°) Les parents qui se targuent de connaître la pédagogie et feraient bien la classe à ta place.

 

Ce sont, de loin les plus dangereux, surtout si ce sont des enseignants. (Pire! Du secondaire !) Tu dois, dès le début de l’année être très ferme. D’ailleurs, la réunion de parents de début d’année aura précisé ta façon d’appréhender ta classe, et ce que tu attends d’eux. Réfère-toi à cette réunion. Et puis, si vraiment ils sont collants, propose-leur l’inscription de leur rejeton dans leur propre école, s’ils sont en élémentaire, ou dans le privé pour les autres. Cela devrait les calmer.

 

La réunion de début d’année.

 

C’est l’instant où tu gagnes ou tu perds la gestion de tes relations à venir avec les parents. Elle doit arriver d’ailleurs au moins deux à trois semaines après la rentrée, le temps pour toi de prendre la température et le niveau de la classe. Tu dois expliquer ta pédagogie. Attention ! Tu expliques comment tu vas aborder ta classe, c’est à dire ton plan de travail : découverte, entraînement, évaluation, re médiation. Tu n’as pas à entrer dans le détail des contenus, les programmes étant édités pour le faire. Tu vas préciser que, quel que soit le niveau de l'élève, tu vas tout mettre en œuvre pour que les compétences de chaque élève s'améliorent.

Tu vas surtout expliquer aussi comment tu comptes responsabiliser les enfants dans l’apprentissage de leur métier d’élève. Tu expliques, entre autres, qu'il doit présenter de lui-même son cahier de textes pour les travaux ou recherches à effectuer à la maison, qu’il doit présenter chez lui toute note de service concernant la vie de l’école, la vie de la classe. Tu informes les parents qu’après chaque évaluation faite en classe, l’enfant a la possibilité de montrer le devoir à la maison. Mais, tu n’exiges pas de signature et tu te justifies :

" Il y a plusieurs sortes d’élèves, celui qui présente son travail régulièrement à la maison. Pas de souci avec celui-là.

Il y a celui qui oublie de présenter à la maison mais les parents veillent et lui demandent d’apporter les évaluations à la maison. Si le gamin obtempère, pas de souci non plus. S’il n’obtempère pas, Papa ou Maman prend l’initiative d’un rendez-vous avec moi et plus de souci là aussi.

Et puis il y a celui qui ne présente jamais rien et dont les parents ne semblent pas concernés. Dans ce cas, mon action ne dépasse pas la porte de l’école. "

Bien sûr, tu précises aux parents présents que tu es sûr, puisqu’ils sont là, qu’ils ne font pas partie “ des parents non-concernés”. Tu ne leur demandes pas d’être responsables puisqu’ils le sont par nature. (Tu te doutes bien que c’est ce que tu dis, mais pas forcément ce que tu penses !!) Mais tu as dit l’essentiel : tu es dans ton rôle de maître, les parents sont dans leur rôle de parents, et l’enfant est dans son rôle d’élève. Si l’enfant flanche dans sa tâche d’élève, ce qui est logique car il est le plus fragile, le maître ou les parents ou les deux sont là pour l’aider. « Mais si moi, le maître ou vous, les parents, nous flanchons, nous porterons une lourde responsabilité dans l’éventuel échec de l’enfant. J’en suis conscient, j’espère que vous l’êtes aussi. »

Tu peux penser que le fait de te mettre au niveau des parents sur une future démission dans les rôles respectifs est une façon machiavélique de leur rappeler leur tâche. Crois-moi, même si c’est machiavélique, c’est efficace. Les parents sauront exactement ce que tu penses sur le partage des tâches éducatives entre eux et toi. A chacun son domaine et les deux se complètent dans l’intérêt du gamin.

 

Les devoirs du soir.

Les textes disent que le travail écrit à la maison n’est pas de mise à l’école élémentaire. Tu constates que beaucoup de collègues passent outre. Je ne leur reproche pas cette décision si elle est fondée. Mais, si le travail donné le soir débouche le lendemain matin sur une correction, (Perte de temps car inutile.) voire une sanction, s’il n’a pas été fait, alors là je ne suis pas d’accord. Rien ne permet au maître de dire qui a fait le travail (Papa ? Maman ? Mamie ?) Rien ne peut justifier une sanction pour travail du soir (illégale de surcroît !) non fait ! Et il y assez de parents procéduriers pour éviter de donner le bâton pour se faire battre. Pourtant il faut bien préparer peu à peu les enfants à leur entrée au collège où ils devront gérer des devoirs et des apprentissages.

Tu vas donc devoir donner ton sentiment sur les devoirs du soir. Car les parents seront demandeurs, et un maître qui ne donne pas de devoirs sans se justifier passe souvent pour un incompétent à leurs yeux. (A mon avis c’est plutôt le contraire car combien de fois ai-je entendu : il ne travaille pas à la maison, comment veux-tu qu’il s’en sorte?)

Imagine que tu es enfant et que tu as passé 6 heures en classe. A 16 h 30, tu en as plein les bottes. D’ailleurs, demande aux parents s’ils ont du travail à faire à la maison, eux, le soir ?? (Je sais! C'est facile!!) Donc, sois pragmatique : pas de devoir écrit style exercice de bled n° 345 ou problème 534 du livre 1000 problèmes, le tout pour le lendemain.

Par contre, selon le niveau de classe, tu vas émettre des désirs. Par exemple, au CP, il est fortement conseillé aux parents de faire lire l’enfant le soir. La révision de mots-clés, (Nécessaire à la mémorisation des graphies des sons.) et dont l’apprentissage s’est fait en classe, est aussi un désir que tu dois présenter. Dès le CE1, l’enfant doit s’habituer à gérer les documents didactiques que tu donnes à mémoriser. Tu as vu dans le plan de travail que ce document arrive vraiment en fin d’acquisition, quand tu es sûr que tout le monde a compris. Il n’y a donc pas vraiment d’apprentissage de ce document. De plus, tu vas laisser passer au moins un week-end avant de proposer ton évaluation. Cela permettra aux parents qui le voudront de revoir avec l’enfant, document et cahier d’entraînement à l’appui, la compétence qui sera évaluée. Tu dois donc sensibiliser les parents à une approche du cahier de texte différente que celle qui est la plus courante en élémentaire. Ils doivent rechercher les éventuels travaux non pas pour le lendemain, mais aussi pour les jours suivants. Au cycle III, tu peux programmer jusqu’à 15 jours, ça prépare pour le collège.

Au cycle III, tu vas devoir aussi habituer l’élève à l’apprentissage de savoirs et de savoir-faire en histoire, géographie, sciences et éducation civique. Si les savoir-faire s’apprennent en classe, les savoirs qui sont aussi acquis en partie en classe, méritent une révision à la maison. Si tu as fini de travailler sur un thème, évalue les savoirs et les compétences. Mais, enfants et parents doivent connaître quelles sont les connaissances et compétences essentielles qui seront évaluées. Donne donc un canevas de révision, et donne le temps de le faire : une semaine au moins.

Au cycle III, ce que tu peux donner à faire également, au CM, en donnant le temps nécessaire, c’est la mise au clair d’un travail de production d’écrits, mené en classe, mais que tu désires dans sa version définitive, manuscrite ou traitée à l’ordinateur. Pour éviter une trop grande implication parentale, demande toujours à l’élève l’original et la version claire. Avertis donc les parents que leur implication peut être bénéfique s’ils se contentent de faire en sorte que l’élève respecte le cahier des charges. Tu sauras, de toute façon, si la production est plus parentale qu’enfantine.

C’est l’autonomie à terme de l’enfant qui est visée. (Au bout du CM2.) En le responsabilisant peu à peu, il est en phase avec l’apprentissage de son métier d’élève. Un outil plus pratique et plus personnel que le cahier de texte peut être préconisé : c’est l’agenda. Les parents doivent aider l’élève à sortir du schéma habituel : qu’est-ce que tu as à faire pour demain ? Pour demain ? Peut-être rien ! Mais pour après-demain ou pour lundi prochain ? L’agenda répond plus rapidement que le cahier de texte. Pour une révision, une mise à jour, laisse toujours au moins un mercredi ou un week-end.

Tu vois donc que le travail à la maison prend une autre envergure, vu sous cet angle. Il entre dans le cadre de l’apprentissage d’une certaine autonomie par l’enfant, l’apprentissage de son métier d’élève. La maîtrise d’une bonne méthodologie est une des clés de la réussite au collège.





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