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26/09/2011

Enseigner l'orthographe : dédramatisons que diable!!

 

Dédramatiser l’apprentissage de l’orthographe!

 

Il est nul en orthographe; il a toujours 0 en dictée! Combien de maîtres (Toi et moi les premiers !) n’ont jamais prononcé cette phrase?

Bien sûr, tu trouves des excuses à l’élève (Et à toi-même par la même occasion : difficile d’admettre un échec : donc c’est la faute de....., mais pas la mienne......, car j’ai tout fait pour....... Voire!). Tu vas parler de dyslexie, de dysorthographie, de lecture non maîtrisée, de manque de mémorisation, d’absence d’acte de lecture donc d’absence de mémorisation des mots lus, de séances chez l’orthophoniste et j’en passe. Et tu auras raison ! Bien des maîtres sont aptes au diagnostic : quant aux remèdes...

 

Il est donc nécessaire que l’enfant (“Bon” ou “mauvais” en orthographe.)soit sécurisépar un enseignement qui prend compte de ses possibilités, petites ou grandes.

Il faut donc que tu recherches des outils à mettre à disposition des enfants pour leur faciliter la tâche.

Il faut aussi que ta progression et tes domaines d’intervention soient bien maîtrisés.

 

Problématique : Comment organiser son travail pour que la maîtrise de l’orthographe par les élèves soit la meilleure possible ?

 

1°) Ce qu’on observe.

 

C’est dans les divers enseignements, et en particulier lors des lectures, que les élèves augmentent leur vocabulaire. C’est en écrivant qu’ils en fixent l’orthographe.

 

Par ailleurs, on aide les élèves à mémoriser l’orthographe lexicale des mots les plus fréquents en effectuant tous les rapprochements nécessaires entre les mots présentant les mêmes régularités orthographiques.

 

D’une manière générale, dans chaque activité mettant en jeu l’écriture, on conduit les élèves à utiliser tous les instruments nécessaires (Répertoires, dictionnaires, correcteurs informatiques, etc.) pour vérifier et corriger l’orthographe lexicale.

 

Le repérage des chaînes d’accord dans le groupe nominal est une condition essentielle de la maîtrise de l’orthographe grammaticale. L’élève doit apprendre à mobiliser son attention pour marquer l’accord lorsqu’il écrit. (Y compris sous la dictée.)

 

L’orthographe du verbe concerne essentiellement l’accord avec le sujet. Elle suppose que cette relation soit bien perçue par l’élève et qu’il sache mobiliser son attention pour marquer l’accord dans toutes les activités d’écriture y compris d’écriture sous la dictée), du moins lorsque la construction est régulière.

 

Une première approche des homophones grammaticaux comme et / est ; ces / ses / s’est / c’est ; a / à ; etc. (dont la plupart concerne des verbes) vient compléter ce travail orthographique.

 

2°) L'organisation de ton travail, à travers les grands domaines de l'orthographe.

 

Orthographe lexicale.

 

Définis, après évaluation de départ, les sons dont les graphies ne sont pas, ou mal maîtrisées même par un petit nombre d’élèves. Ces sons sont être contenus dans cette liste qui n’est pas limitative :

 

[έ] in, im, ain, ein ; [ε] ê, è, ai, ei, et, e ; [ο] o, ô, au, eau ; [ά] an, en, am, em ; [e] é, er, ez ; [s] s, ss, c, ç, t, x, sc ; [k] c, qu, q, cqu, k ; [f] f, ph ; [g] g, gu, c ; [j] j, g, ge ;[γ] i, ill, ll, y.

 

En tirer des mots-clés, abordables à tous, dont le maître devra vérifier la mémorisationoutil du réinvestissement.

ex : le en de vent; le an de maman; Le in de lapin; le ain de pain…

 

Dans l’exercice de dictéedirigée, pour tous les mots d’usage présentant des difficultés, tu fais appel à ces mots-clés pour sécuriserl’orthographe.

 

Par ailleurs, dans ce même exercice, tu peux préciser la présence ou non de doubles lettressans toutefois dire quelle consonne est doublée.

 

Orthographe d’accords.

 

L’accord du verbe avec son sujet: là aussi dédramatisons : tout le travail de reconnaissance en grammairedoit porter ses fruits;

 

Entraîner l’enfant à reconnaître les verbes conjugués, à trouver ensuite le (les) sujets de ces verbes.

Habituer l’enfant à réinvestir les marques les plus courantes de l’accord du verbe en lui faisant préciser la personne de conjugaison et le temps employé.

 

e, t, nt, s, ez sont les marques les plus courantes.

 

Les accords à l’intérieur du GN : là encore dédramatisons : tout le travail de reconnaissance en grammaire doit porter ses fruits;

 

Entraîner l’enfant à reconnaître le mot qui détermine le genre et le nombre du nom, le nom bien sûr et l’adjectif qualificatif.

Habituer l’enfant à réinvestir les marques des accords dansle GN par rapport au genre et au nombre :

MS : rien; MP : s (x ou rien); FS : e; FP : es

 

Orthographe des mots homophones.

 

Là, il va falloir dépoussiérer les règles habituellement proposées par les manuels; objectif : mettre la formulation à la portée directe des acquis de l’enfant.

 

ex : à ou a : je sais reconnaître le verbe avoir : a.

 

La reformulation fait appel à des acquis grammaticaux de reconnaissance, et, ou, à un retour ausens même du mot.

 

Principaux mots homophones à savoir gérer en fin de cyle III :

a & à; sont & son; on & ont; se & ce (s’ & c’); s’est, c’est, ces, ses, sait & sais; mai, mais, met, mets & mes; ou & où..

Note importante : l’exerciced'entraînement ou d’évaluation dit “à trous” laisse une trop grande part à l’improvisation. Il est donc assez peu fiable pour évaluer. Il est remplacé par un exercice dans lequel l’enfant est amené à produire lui même des phrases contenant le mot homophone désiré.

 

Un son difficile à gérer par les enfants : la finale [e].

 

C’est un domaine sensible, car, à priori, il va falloir bien faire sentir la différence entre [e] & [ ε ]. Si tu as la chance d’être un maître sans accent régional, tu prononceras volontairement [ε] pour les graphies ai, ei, et (A la fin d’un mot.) est, es, è, ê. C’est un choix personnel, pédagogique qui a le mérite d’appeler un chat “un chat.”

 

S’il s’agit d’une forme verbale : choix entre :

 

é ( participe passé)membre d’un temps composé ou employé seul ,

er (infinitif),

ez (deuxième personne du pluriel)

 

En seconde phase, on abordera le choix entre é, és, ée, ées pour les participes passés dans des cas bien précis. (Utilisation avec l'auxiliaire être ou avoir ou emploi seul.)

Les compétences de reconnaissance mises en oeuvre en grammaire et d’autres mémorisées dans le cadre de la conjugaison vont être exploitées.

 

Note que cette compétence restera en cours d'acquisition et qu'elle ne serait vraiment maîtrisée qu'en classe de 4ème du collège. (On remarque qu’à l’entrée à lUniversité, certains étudiants ne la maîtrisent toujours pas.)

 

S’il s’agit d’un nom commun, choix entre :

 

masculin : grosse fréquence de er & é. (mots clés : pommier, métier, blé.)

féminin : ée très courant mais aussi té & tié fréquents. (mots clés : moitié, cheminée.)

 

Des exceptions existent, la langue française en est riche, et toutes sont justifiées par l’usage. Que dois-tu en penser? Sois clair : insiste sur les fréquences, mais signale, renseigne, au fur à mesure des rencontres les exceptions qui se présentent, quitte à les afficher.

 

En conclusion : fort de lamaîtrise de ces grands points, l’enfant doit parvenir à dominer son orthographe honnêtement, non seulement dans une dictée, mais aussi et surtout, dans toutes ses productions d’écrits. Tu as vu qu’elle prend une part non négligeable de l’évaluation, tous les outils mis en place étant, à ce moment à la disposition de l’enfant. (Tu es, toi aussi, un outil!!)

 

3°)Des moyens pour faire progresser l’orthographe par des investigations dirigées.

 

La dictée dirigée.

 

N’importe quel texte fait l’affaire pour peu qu’il soit à la portée des enfants. (Compréhension et difficultés orthographiques) A ce titre, le roman de littérature de jeunesse utilisé est une mine inépuisable.

 

Les phrases sont dictées une à une. Une première relecture vérifie la présence de tous les mots ainsi que les accentuations et ponctuations. Puis les investigations commencent.



D’abord des indications par rapport aux mots-clés, sont données pour corriger les graphies.

 

Puis, la recherche des verbes conjugués et de leur(s) sujet(s) se met en place : identification du temps et de la personne de conjugaison afin d’en déduire une marque.

 

Ensuite, mis en place de la recherche des déterminants pluriels qui vont gouverner les accords dans le GN : noms & adjectifs qualificatifs sont activement recherchés par les policiers de la brigade anti-fautes (Pourquoi pas! ce côté ludique a son charme!) puis éventuellement accordés après rappels des marques;

 

Il reste à repérer les éventuels mots homophones et suggérer aux fins limiers (Et aux autres d’ailleurs!) de faire fonctionner l’outil dépoussiéré évoqué plus haut.

 

Au bout du compte, la dictée de l’enfant doit être pratiquement écrite sans erreur. Mais il ne faut pas se leurrer, la dictée vierge de fautes, même dirigée, est difficile à obtenir car d’autres paramètres entrent en ligne de compte : déconcentration de l’élève ou bien il corrige un autre mot pendant l’explication etc..... Mais bon, peu à peu, l’exercice s’améliore et la comparaison de moyennes de classe pourra le prouver.

 

L’évaluation de cette dictée peut être double : l’enfant doit avoir connaissance du barème utilisé en sixième et donc celui-ci sera appliqué :

 

faute grave (accords, homophonies, finale [é]: - 2 pts

faute d’usage : - 1pt

faute d’accent : -0,5 pt

d’où 10 fautes cumulées = 0

 

Mais ce 0 peut être modulé en fonction des réussites totales ou partielles dans les rubriques concernées plus haut et évaluées en tableaux :

 

Accords

sujet verbe

réussites

échecs

n

x

 

 

 

Finale

[e]

réussites

échecs

n

x

 

 

 

 

Accords

dans le GN

réussites

échecs

n

x



 

 

Homophonies

 

réussites

Echecs

n

x

 

 

 

 

La somme des n s’additionne à la note de la dictée pour donner une évaluation globale et surtout ne pas décourager l’enfant en difficulté, qu’il faut motiver.

La somme des n s’additionne à la note de la dictée pour donner une évaluation globale et surtout ne pas décourager l’enfant en difficulté, qu’il faut motiver.

L’évaluation des spécificités qui correspondent à des items couchés dans le relevé des compétences s’effectue au travers de la dictée (Dirigée, à thème ou normale.) mais aussi au travers des productions écrites de l’enfant.

 

La dictée à thème :

 

C’est une dictée dirigée dont la direction a été allégée : tu demandes aux enfants, si tu les sens capables, de gérer eux-mêmes un ou plusieurs thèmes parmi ceux évoqués plus haut.

Les autres thèmes sont abordés comme dans la dictée dirigée. A terme, au bout du cycle III, les dictées deviennent progressivement des dictées normales, la gestion des thèmes couvrant l’ensemble des difficultés.

 

La longueur des dictées varie avec le niveau de la classe, mais s’appuie sur le nombre de mots conseillé par les programmes, sans toutefois le dépasser. Au cycle III, on commencera par 40 à 45 mots au CE2 pour terminer avec 80 à 85 mots au CM2.

 

 

Souplesse du projet :

 

Bien sûr, si le besoin s’en fait sentir, le maître peut imaginer des remédiations nécessaires à la remise à niveau sur certains points qu’il pensait acquis et qui, manifestement ne le sont plus, ou pas encore. (Par exemple : retour sur les son [s] & [z] ss entre deux voyelles ou s entre deux voyelles ou bien l’accentuation ou non de la lettre e.)

Ces remédiations peuvent être collectives, mais plus probablement elles ne viseront que les enfants qui rencontrent encore la difficulté.



Progression des acquisitions des compétences.

C’est au conseil de cycle de déterminer les compétences à faire acquérir dans chaque niveau du cycle. Si la maîtrise des mots-clés des graphies des sons est incontournable dès le CP (Et là, une harmonisation est plus que souhaitable car les mots-clés suivront l’enfant jusqu’au CM2.)

Les autres compétences doivent faire l’objet d’une étude pour savoir à quel niveau elles seront abordées. Certaines homophonies se rencontreront plus tôt que d’autres. Gérer [e] é, er ou ez à la fin d’une forme verbale doit être aussi abordé assez tôt. (CE1 ? CE2 ?)

La dictée dirigée peut se pratiquer dès le cycle II. Elle devient une habitude scolaire pour l’enfant si elle est pratiquée dans tout l’établissement.

Chaque évaluation de production d’écrits doit prévoir une rubrique orthographe. (Vu au chapitre concerné.) L’enfant sait donc très tôt qu’il est obligé de soigner son orthographe dans ce domaine.

* En annexe à ce chapitre, tu découvriras les tableaux des compétences qu’on peut chercher à faire maîtriser en fin de cycle II et en fin de cycle III. Tu peux t’appuyer également sur les programmes en cours pour en définir d’autres.

 

 

 

 

Annexe 5

Cycle II

 

 

Orthographe.

1

Je sais copier sans erreur.

2

J’ai mémorisé l’orthographe de mots clés relatifs aux graphies des sons.

3

Je sais écrire un son par analogie avec un mot-clé.

4

J’ai bâti et mémorisé un répertoire de mon niveau. (Voc. et orth.)

5

Je sais ce que désignent les déterminants : le, un, la, une, les, des.

6

J’ai compris le sens des mots : féminin, masculin.

7

J’ai compris le sens des mots : singulier, pluriel.

8

Je connais les principales marques du pluriel des noms. (s & x)

9

J’utilise sans erreur la marque s pour marquer le pluriel d’un nom.

10

J’ai appris à distinguer la personne de conjugaison d’un verbe.

11

Je sais que le verbe à la troisième personne du pluriel prend la marque « nt »

12

J’ai commencé à apprendre à distinguer les finales é, er, ez des verbes.

 

 

Cycle III

 

 

Orthographe.

1

Je saiscopier sans erreur.

2

Je me suis bâti un répertoire de mots que j’ai mémorisé.

3

Je peux me référer à un mot-clé pour écrire une graphie.

4

Je connais le sens de singulier, pluriel, de féminin et masculin et les marques respectives qui s’appliquent aux noms et aux adjectifs qualificatifs.

5

Je pratique sans erreur ni oubli les différents accords des noms des adjectifs qualificatifs .

6

Je pratique sans erreur ni oubli l’accord sujet verbe. (En liaison avec mes apprentissages en conjugaison.)

7

Je sais réinvestir toutes mes connaissances dans la dictée ou dans d’autres productions écrites.

8

Je sais utiliser tous les moyens mis à ma disposition pour produire de l’écrit sans erreur orthographique.

 

Je sais distinguer les mots homophones courants :

9

a & à - on & ont-;

10

et & est - sont & son 

11

se, ce ;

12

ses, ces, s’est, c’est, sais, sait;

13

mais, mes, met, mets, mai.;

14

la, l’a, là ; si-s’y.

 

Je maîtrise la finale [e]

15

A la fin d’une forme verbale : é, er, ez

16

A la fin d’un nom commun : é, ée, er.

 

17:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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