UA-68671480-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/09/2011

Corriger? Oui! Mais dans quel but et comment?

 

Envisager la correction autrement.

 

Un constat.

 

Ah ! Le rituel du stylo vert ! Quelle est la classe dans laquelle le stylo vert n’est pas dédié aux sacro-saintes corrections par l’élève ? Et l’annotation, en rouge dans la marge, domaine réservé du maître : tb, b, ab, passable, médiocre, insuffisant, faible, nul ? Un rituel aussi ! Non ?

Personne n’imagine le travail du maître sans correction, mais je constate que peu de monde se penche sur le bien fondé de cette correction. Poussé à l’extrême, ça donnait, à l’emploi du temps : correction des corrections !! (Si, si !! J’ai vu ça une fois!)

Le pauvre gamin qui a tout faux à l’exercice et qui doit tout recommencer, en vert, aura-t-il enfin compris après ? Je te laisse juge.

Mais que corrige-t-on ? Qui corrige quoi ? Pourquoi corrige-t-on ? A qui cela bénéficie-t-il ? Combien de temps y passe-t-on ?

 

Une étude qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui peut te convaincre.

J’ai beaucoup observé les méthodes de correction de beaucoup de collègues que j’ai croisés tout au long de ma carrière. Je n’ai vu que piles de cahiers, crainte du “ qu’en dira t-on ”des familles, elles-mêmes conditionnées par leur vécu, crainte des foudres de la hiérarchie : “ ll faut s’appliquer à des tâches rébarbatives qui sont la base de notre beau métier… ”(Extrait de rapport d’IEN) Nous avons tous évolué dans ce contexte.

Lors d’un stage, puis au cours d’actions visant à la formation de personnels vacataires de l’Enseignement Français au Maroc, IEN, CPAIEN, PEMF(s), se sont penchés, sur ce sujet à travers les thèmes suivants :

Que corriger et pourquoi ? Quels travaux ne méritent pas une correction magistrale ? Comment impliquer l’enfant dans l’acte d’évaluation de sa compétence ?

Des réponses claires sont sorties des débats et elles me semblent évidentes. Doivent impérativement être corrigés par le maître : les devoirs d’évaluation et tout écrit de l’enfant qui doit être ensuite mémorisé ou relu par lui. De là, j’ai tiré la conclusion que le rituel du cahier du jour de l’élève, relevé est corrigé chaque soir par le maître venait de prendre enfin un gros coup de ringardise pédagogique. (Même si j'en ai préconisé une utilisation restreinte plus avant.) Avoue que cela te séduit déjà. Mais, si un système est envoyé au rebut, il faut le remplacer par quelque chose de plus performant.



Le remède : plutôt que de faire corriger, faire évaluer.

Le travail sur le cahier d’entraînement va prendre là tout son sens. Lors de la progression dans l’acquisition d’une compétence, il y a une phase d’entraînement pendant laquelle tu proposes aux élèves des exercices visant à la faire acquérir.

A la fin de chaque exercice, tu dois savoir où en est le degré d’acquisition. C’est nécessaire pour progresser ou reprendre autrement ta pédagogie.

Il faut donc habituer les enfants à s’auto-évaluer honnêtement, en insistant sur le fait qu’il est important pour toi de savoir s’ils ont compris ou non. Pour ce faire, l’élève doit entrer dans un système très simple à mettre en œuvre :

- C’est juste : il ne touche à rien;

- C’est faux : il raie, sans corriger. A la fin de l’exercice : il écrit sa réussite en marge.

Toi, tu dois recenser les réussites. C’est ce qui gouverne l’avancement de ton travail.

J’ai dit plus haut, “ il raie sans corriger.” En effet, il ne sert à rien de corriger, car l’enfant en échec n’a pas acquis la compétence. Ecrire la bonne réponse ne le fait pas progresser. (Certains collègues, et des meilleurs, n’en sont pas du tout convaincus : je te laisse juge !) Il revient donc au maître de proposer d’autres pistes d’approche pour que les élèves en échec s’approprient autrement ce qu’il veut qu’ils maîtrisent. Et du coup, tu n'as pas à vérifier s'il a effectivement corrigé.

Quand tu as la certitude que la compétence est maîtrisée par le plus grand nombre de tes élèves (75 à 80% serait une bonne proportion, c’est-à-dire 20 élèves sur 25.) alors tu dois prévoir un devoir d’évaluation de cette compétence, que tu corriges toi-même, en évaluant en fonction de la réussite. Prévois dans l'évaluation des exercices abordables par les élèves les plus fragiles pour les entraîner dans la spirale de la réussite. Tu calculeras une moyenne de classe, la communiqueras et de l’expliqueras aux élèves. Une excellente ou une bonne moyenne est le signe que la compétence est vraiment acquise au jour J. (Les “anciens”savent que, ce qui est acquis au jour j, ne l’est plus forcement un ou deux mois plus tard.) Une moyenne trop juste voire faible est le signe que l’évaluation est venue trop tôt. De toute façon, dans ce cas, il faudra reprendre l’entraînement.

L’auto évaluation par l’enfant devient donc un acte pédagogique qui ne t’implique que dans l’enseignement que tu en retires. C’est la critique immédiate la plus franche de ton propre travail. Soit tu en retires une modeste fierté, (Ils réussissent : c’est peut-être grâce à moi !) soit tu te remets en cause, et de ça aussi, tu peux être fier.

Tu vas me rétorquer : "C'est bien joli, tout, ça mais tu te contredis, tu corriges tous les jours des travaux au cahier du jour". Tu auras raison de la faire remarquer, ça prouve au moins que tu es bon lecteur, ce dont je ne doutais pas d'ailleurs.

Le travail donné au cahier du jour est un travail que tu veux évaluer. Bien des compétences entrent en ligne de compte ne serait-ce que les compétences transversales comme la qualité de l'écriture ou le soin porté aux travaux. C'est ta façon de faire le point plus finement sur l'acquisition d'un savoir ou d'un savoir faire. Il n'y a donc pas de contradiction.

Oser aborder cette approche du travail, c’est remettre l’acte d’enseigner à sa place, c’est à dire une continuelle remise en cause de ta pédagogie. Et on peut remarquer que cela ne demande pas de travail supplémentaire. Au contraire, la tâche est singulièrement allégée. Oh ! bien sûr, certains collègues te feront des remarques du genre :

« Mais tu ne corriges pas tes cahiers ? Tu pars à l’heure les mains les mains vides ! »

Propose-leur donc de lire ce livre, peut-être qu’eux aussi, ils partiront les mains vides… quand ils l’auront lu !

Côté pratique.

Les évaluations que tu as faites, les enfants les ont effectuées sur une copie simple ou double, grand format 21 x 29,7 grands carreaux. Cela a une importance au niveau du poids et du volume à transporter. Pour l’enfant, c’est un format qui permet une meilleure gestion de l’espace papier. Tu as fait écrire la compétence en tête d’exercice puis tu as donné une consigne. Exemple :

Je sais reconnaître un nom commun(Item, compétence)

Dans le texte suivant, entoure les noms communs. (Consigne)

Tu évalueras de manière chiffrée en fonction de la réussite; exemple R : 7 / 9. Tu répondras aussi sur la feuille à l’item par le code proposé : oui, presque, pas encore, non. Quand l’enfant devra renseigner l’item dans le relevé des compétences, ta réponse est sur la feuille, il n’a qu’à la reporter.

Au cycle II.

Des compétences liées à l'apprentissage de la calligraphie et à la gestion de l'espace papier doivent être mises en place. Le cahier du jour reste le meilleur outil pour acquérir ses savoir-faire. Le moment d'utilisation sera un rituel et là, pas de concession à ce qui est dit dans ce chapitre. Tes modèles seront parfaits, les choix de présentation précis, les exercices dosés. Quotidiennement, tu corrigeras ce cahier, avec rigueur. Mais tu auras veillé à ne pas surcharger la portion journalière. Ta correction n'en sera que plus efficace car facilitée.

Au cycle III.

Si tu notes que dans ta classe de cycle III les enfants n'ont pas la rigueur attendue dans la calligraphie, la présentation et la gestion de l'espace papier, recentre sur ce cahier sur la maîtrise des objectifs visés pour remettre les pendules à l'heure. Le cahier du jour sera alors un outil d'apprentissage de la rigueur. Il sera quotidiennement visé.



Travailler mieux?

Je te sens de plus en plus intéressé car

Il te semble que la charge de travail s'allège!

Je me trompe ??

 

14:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.