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08/09/2011

Et les parents d'élèves dans tout ça?

 

Ta relation avec les parents.



Les types de parents.

Ta relation avec les parents doit être à géométrie variable. Selon les types de parents auxquels tu as affaire, ton attitude sera différente. Sois pragmatique, l’école ne peut pas tout apporter à l’enfant. Tu as pu sûrement constater la démission de certaines familles quant aux apprentissages qui devraient se faire au sein de la cellule familiale. (Politesse, civisme, respect de l’autre, hygiène …) Tu dois aussi avoir à l’esprit que les parents ont été aussi enfants, donc qu’ils ont un vécu scolaire et une image, bonne ou mauvaise, de ce que devrait être la marche d’une classe, le bien fondé de tel ou tel cahier, le choix de tel ou tel manuel. Alors, tu dois bien connaître les types de parents.



1°) Les parents qui coopèrent :ceux-là ne posent pas problème. Ils te laissent travailler, demandent des rendez-vous ponctuels, suivent de près le travail du gamin, et si nécessaire, suivent aussi tes conseils. Avec eux, tu as une attitude constructive, complice même, car l’épanouissement de l’enfant est votre objectif commun.



2°) Les parents qui font semblant de coopérer :ceux-là disent qu’ils aident l’enfant, qu’ils vérifient le travail, qu’ils punissent en cas de mauvaise note etc. Mais le font-ils vraiment ? Tu en doutes fortement, vu ce que tu constates en classe. (Tu sais, ce sont eux qui viennent te voir sans prévenir juste avant l’entrée en classe ou à la sortie! Ils se justifient par rapport au regard des autres parents)h. Ce sont les plus difficiles à gérer. Avant de les identifier, tu perds du temps. Une fois que tu les as catalogués, réfère-toi aux règles mises en place en début d’année, poliment mais fermement. (Avez-vous lu la dernière note aux parents ? Vous avez ouvert le cahier de texte ? Qui vous a permis d’entrer dans l’école ?? Vous aviez rendez-vous ??)



3°) Les parents que tu ne verras jamais : deux cas de figure.

Le gamin marche bien, tu sais qu’il est suivi à la maison et eux te font confiance ; tout baigne !

Le gamin a des difficultés mais ils ne s’en préoccupent pas : laisse tomber, ils n’en valent pas la peine. Occupe-toi du gamin du mieux que tu peux, sans te substituer à la famille ni jouer les assistantes sociales. S’il y a vraiment de gros problèmes, alerte, sous couvert du Directeur, le RASED mais aussi le Médecin Scolaire, seule autorité qui peut remonter les bretelles à une famille.

 

4°) Les parents qui se targuent de connaître la pédagogie et feraient bien la classe à ta place.

 

Ce sont, de loin les plus dangereux, surtout si ce sont des enseignants. (Pire! Du secondaire !) Tu dois, dès le début de l’année être très ferme. D’ailleurs, la réunion de parents de début d’année aura précisé ta façon d’appréhender ta classe, et ce que tu attends d’eux. Réfère-toi à cette réunion. Et puis, si vraiment ils sont collants, propose-leur l’inscription de leur rejeton dans leur propre école, s’ils sont en élémentaire, ou dans le privé pour les autres. Cela devrait les calmer.

 

La réunion de début d’année.

 

C’est l’instant où tu gagnes ou tu perds la gestion de tes relations à venir avec les parents. Elle doit arriver d’ailleurs au moins deux à trois semaines après la rentrée, le temps pour toi de prendre la température et le niveau de la classe. Tu dois expliquer ta pédagogie. Attention ! Tu expliques comment tu vas aborder ta classe, c’est à dire ton plan de travail : découverte, entraînement, évaluation, re médiation. Tu n’as pas à entrer dans le détail des contenus, les programmes étant édités pour le faire. Tu vas préciser que, quel que soit le niveau de l'élève, tu vas tout mettre en œuvre pour que les compétences de chaque élève s'améliorent.

Tu vas surtout expliquer aussi comment tu comptes responsabiliser les enfants dans l’apprentissage de leur métier d’élève. Tu expliques, entre autres, qu'il doit présenter de lui-même son cahier de textes pour les travaux ou recherches à effectuer à la maison, qu’il doit présenter chez lui toute note de service concernant la vie de l’école, la vie de la classe. Tu informes les parents qu’après chaque évaluation faite en classe, l’enfant a la possibilité de montrer le devoir à la maison. Mais, tu n’exiges pas de signature et tu te justifies :

" Il y a plusieurs sortes d’élèves, celui qui présente son travail régulièrement à la maison. Pas de souci avec celui-là.

Il y a celui qui oublie de présenter à la maison mais les parents veillent et lui demandent d’apporter les évaluations à la maison. Si le gamin obtempère, pas de souci non plus. S’il n’obtempère pas, Papa ou Maman prend l’initiative d’un rendez-vous avec moi et plus de souci là aussi.

Et puis il y a celui qui ne présente jamais rien et dont les parents ne semblent pas concernés. Dans ce cas, mon action ne dépasse pas la porte de l’école. "

Bien sûr, tu précises aux parents présents que tu es sûr, puisqu’ils sont là, qu’ils ne font pas partie “ des parents non-concernés”. Tu ne leur demandes pas d’être responsables puisqu’ils le sont par nature. (Tu te doutes bien que c’est ce que tu dis, mais pas forcément ce que tu penses !!) Mais tu as dit l’essentiel : tu es dans ton rôle de maître, les parents sont dans leur rôle de parents, et l’enfant est dans son rôle d’élève. Si l’enfant flanche dans sa tâche d’élève, ce qui est logique car il est le plus fragile, le maître ou les parents ou les deux sont là pour l’aider. « Mais si moi, le maître ou vous, les parents, nous flanchons, nous porterons une lourde responsabilité dans l’éventuel échec de l’enfant. J’en suis conscient, j’espère que vous l’êtes aussi. »

Tu peux penser que le fait de te mettre au niveau des parents sur une future démission dans les rôles respectifs est une façon machiavélique de leur rappeler leur tâche. Crois-moi, même si c’est machiavélique, c’est efficace. Les parents sauront exactement ce que tu penses sur le partage des tâches éducatives entre eux et toi. A chacun son domaine et les deux se complètent dans l’intérêt du gamin.

 

Les devoirs du soir.

Les textes disent que le travail écrit à la maison n’est pas de mise à l’école élémentaire. Tu constates que beaucoup de collègues passent outre. Je ne leur reproche pas cette décision si elle est fondée. Mais, si le travail donné le soir débouche le lendemain matin sur une correction, (Perte de temps car inutile.) voire une sanction, s’il n’a pas été fait, alors là je ne suis pas d’accord. Rien ne permet au maître de dire qui a fait le travail (Papa ? Maman ? Mamie ?) Rien ne peut justifier une sanction pour travail du soir (illégale de surcroît !) non fait ! Et il y assez de parents procéduriers pour éviter de donner le bâton pour se faire battre. Pourtant il faut bien préparer peu à peu les enfants à leur entrée au collège où ils devront gérer des devoirs et des apprentissages.

Tu vas donc devoir donner ton sentiment sur les devoirs du soir. Car les parents seront demandeurs, et un maître qui ne donne pas de devoirs sans se justifier passe souvent pour un incompétent à leurs yeux. (A mon avis c’est plutôt le contraire car combien de fois ai-je entendu : il ne travaille pas à la maison, comment veux-tu qu’il s’en sorte?)

Imagine que tu es enfant et que tu as passé 6 heures en classe. A 16 h 30, tu en as plein les bottes. D’ailleurs, demande aux parents s’ils ont du travail à faire à la maison, eux, le soir ?? (Je sais! C'est facile!!) Donc, sois pragmatique : pas de devoir écrit style exercice de bled n° 345 ou problème 534 du livre 1000 problèmes, le tout pour le lendemain.

Par contre, selon le niveau de classe, tu vas émettre des désirs. Par exemple, au CP, il est fortement conseillé aux parents de faire lire l’enfant le soir. La révision de mots-clés, (Nécessaire à la mémorisation des graphies des sons.) et dont l’apprentissage s’est fait en classe, est aussi un désir que tu dois présenter. Dès le CE1, l’enfant doit s’habituer à gérer les documents didactiques que tu donnes à mémoriser. Tu as vu dans le plan de travail que ce document arrive vraiment en fin d’acquisition, quand tu es sûr que tout le monde a compris. Il n’y a donc pas vraiment d’apprentissage de ce document. De plus, tu vas laisser passer au moins un week-end avant de proposer ton évaluation. Cela permettra aux parents qui le voudront de revoir avec l’enfant, document et cahier d’entraînement à l’appui, la compétence qui sera évaluée. Tu dois donc sensibiliser les parents à une approche du cahier de texte différente que celle qui est la plus courante en élémentaire. Ils doivent rechercher les éventuels travaux non pas pour le lendemain, mais aussi pour les jours suivants. Au cycle III, tu peux programmer jusqu’à 15 jours, ça prépare pour le collège.

Au cycle III, tu vas devoir aussi habituer l’élève à l’apprentissage de savoirs et de savoir-faire en histoire, géographie, sciences et éducation civique. Si les savoir-faire s’apprennent en classe, les savoirs qui sont aussi acquis en partie en classe, méritent une révision à la maison. Si tu as fini de travailler sur un thème, évalue les savoirs et les compétences. Mais, enfants et parents doivent connaître quelles sont les connaissances et compétences essentielles qui seront évaluées. Donne donc un canevas de révision, et donne le temps de le faire : une semaine au moins.

Au cycle III, ce que tu peux donner à faire également, au CM, en donnant le temps nécessaire, c’est la mise au clair d’un travail de production d’écrits, mené en classe, mais que tu désires dans sa version définitive, manuscrite ou traitée à l’ordinateur. Pour éviter une trop grande implication parentale, demande toujours à l’élève l’original et la version claire. Avertis donc les parents que leur implication peut être bénéfique s’ils se contentent de faire en sorte que l’élève respecte le cahier des charges. Tu sauras, de toute façon, si la production est plus parentale qu’enfantine.

C’est l’autonomie à terme de l’enfant qui est visée. (Au bout du CM2.) En le responsabilisant peu à peu, il est en phase avec l’apprentissage de son métier d’élève. Un outil plus pratique et plus personnel que le cahier de texte peut être préconisé : c’est l’agenda. Les parents doivent aider l’élève à sortir du schéma habituel : qu’est-ce que tu as à faire pour demain ? Pour demain ? Peut-être rien ! Mais pour après-demain ou pour lundi prochain ? L’agenda répond plus rapidement que le cahier de texte. Pour une révision, une mise à jour, laisse toujours au moins un mercredi ou un week-end.

Tu vois donc que le travail à la maison prend une autre envergure, vu sous cet angle. Il entre dans le cadre de l’apprentissage d’une certaine autonomie par l’enfant, l’apprentissage de son métier d’élève. La maîtrise d’une bonne méthodologie est une des clés de la réussite au collège.





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